03/12/2012

Michel Moret à la Compagnie des Mots

portraitbMM.jpgSi! Vous viendrez ce soir à 18h30 au restaurant La Mère Royaume malgré la neige, le froid, la circulation, les travaux, le rhume, la crise, ...
 Parce que vous êtes courageux. Et que la chaleur de l'éditeur Michel Moret, un verre, l’amitié et le feu de cheminée vous attendent!
 Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature en Suisse romande sans jamais avoir osé le demander: c'est tout à l'heure, en compagnie de plusieurs écrivains des éditions de L'Aire et d'ailleurs.
 Sans oublier l'incontournable intervention comique du comédien Vincent Aubert.
 Au plaisir de vous retrouver!

serge bimpage
 

attention: accès difficile en raison des travaux alentour

accès Place Simon-Goulard ou rue des Corps-Saints

parking Cornavin

11/06/2012

Rousseau, l'ami de tous

undefinedrousseau.jpgIl manquait un Rousseau pour les nuls, les jeunes ou les gens pressés Le voici. Président du Comité européen Jean-Jacques Rousseau, Rémy Hildebrand est un passionné depuis toujours du philosophe. Autant dire sa capacité à se mettre à la place de tous pour nous le faire aimer.
D’une plume simple et efficace, l’auteur retrace ainsi le chemin de Jean-Jacques et c’est déjà tout une histoire. Sauf que les va et vient constants entre ce parcours et l’œuvre de Rousseau s’éclairent l’un l’autre, ajoutant au plaisir de la lecture. En particulier, l’écrivain était un grand marcheur. «Il me paraissait beau de passer les monts à mon âge ; et de m’élever au-dessus de mes camarades de toute la hauteur des Alpes. Voir du pays est un appât auquel un Genevois ne résiste guère », écrivit-il. Ses pas le conduisirent entre autres de Genève à…Turin. Et cet amoureux de la nature d’affirmer « Si le bonheur est la seule chose qu’on cherche en ce monde, on peut peut-être se demander si un voyageur n’en reçoit pas plus que la plupart des autres. »
Auteur par ailleurs de Portraits et postures rousseauistes (Transversales 2008), Rémy Hildebrand dispose d’un fond iconographique dont il ne prive pas le lecteur. Emaillé de peintures, dessins et cartes postales très évocateurs, l’ouvrage se présente comme une longue rêverie de promeneur solitaire enchantant son lecteur.


[Signature] Serge Bimpage
[Renseignements] Il était une fois Jean-Jacques Rousseau, par Rémy Hildebrand. Editions l’Archipel. 134 pages.

08/06/2012

Heidi, le mythe ressuscité

Heidi.pngQuelle mouche a piqué Jean-Michel Wissmer, docteur ès lettres spécialiste de la littérature hispanique du XVIIème siècle, pour se pencher sur le mythe de Heidi ? Ce roman à l’eau de rose du XIXème recèlerait-il le moindre intérêt pour nous autres gens non moins inconsidérés que pressés?
Eh bien, oui ! Cette enquête captive le lecteur grâce à sa riche analyse et à sa rhétorique élégante.  Ce dernier découvre combien le roman de Heidi véhicule des thèses que revendiquent nos contemporains : le retour à la nature, l’authenticité, l’écologie en somme. Y fait écho le repli identitaire sur le paradis perdu de l’alpe de nos ancêtres.
Pour le coup, Jean-Michel Wissmer fait revivre un siècle qui se cherche en dépit des méfaits de la société – tout comme l’auteur du mythe, Johanna Spyri, tombée dans l’oubli en dépit de son best-seller et de sa cinquantaine d’ouvrages.

Heidi, enquête sur un mythe suisse qui a conquis le monde, par Jean-Michel Wissmer. Editions Metropolis, 220 pages.

06/06/2012

Pour l'amour du 12

IMG_0001.jpgHeureux qui comme Henri Roth aime le tram 12. Et fait le bonheur de son lecteur genevois en en reconstituant l’épopée ! Il était temps. Que de péripéties autour de ce noble transport, dont les rails se prolongeant dans tout le canton furent arrachés à l’heure des années de fascination de la voiture ; pour reconquérir enfin, ligne par ligne, sa noblesse sous la pression du peuple.
Avec la plume et le sens de l’enquête du journaliste qu’il fut, Henri Roth nous informe et nous fait rêver dans ce récit qui débute à la fin du XIXème siècle. Doté de surcroît d’une riche iconographie, l’ouvrage va ainsi bien plus loin qu’un document de commande historique : la plus ancienne ligne d’Europe est un fil rouge nous incitant à revivre les modes et les mœurs dont elle a été le témoin.
Une aventure qui avait pourtant démarré dans l’indifférence générale. Car elle fut celle d’entrepreneurs privés devant des pouvoirs publics réticents, une bonne dizaine dont plusieurs firent faillite. Prouesse technique et entrepreneuriale, la ligne 12 ne fascinera que les femmes et les poètes et c’est tant mieux. Trop lent, souvent bloqué et bondé, il est l’anti modernité par excellence. « Il est comme nous, le tram 12, bourré de contradictions. Il nous agace, nous déçoit, mais nous aide à vivre. C’est pour cela qu’on l’aime, avec ses défauts, comme un être chéri depuis longtemps. »
Son appellation est pour l’heure préservée, nous rassure l’auteur. En tout cas jusqu’à l’inauguration du CEVA en 2017. Même que son déploiement devrait se poursuivre en France…



Le tram 12 raconte Genève, 1862-2012. Par Henri Roth. Editions Slatkine. 180 pages.

01/06/2012

Pascal Rebetez à la Compagnie des Mots

Rebetez.jpgLundi 4 juin à 18h30, Serge Bimpage reçoit Pascal Rebetez à la Compagnie des Mots.
Pascal Rebetez est né dans le Jura en 1956. Il habite entre le Valais et Genève où il travaille pour la Télévision Suisse Romande depuis 1989 en tant que journaliste et présentateur. Il est aussi responsable depuis 1988 successivement de la Revue puis des Éditions d’autre part. En tant qu'écrivain (poésie, récits, théâtre), il a publié à ce jour dix-sept ouvrages.
Deux ouvrages sont récemment parus aux éditions de l'Hèbe (Le Voyage central, Je t'écris pour voir) qui flirtent avec les lointains du voyage pour accéder à l'intime, à ceux qui lui sont le plus proches: sa mère, sa fille, son père décédé, son petit-fils pas encore né. Ces « reportages littéraires entre la géographie humaine et les êtres du réconfort crée une tension qui engendre une atmosphère très particulière.
Dans son dernier ouvrage paru en 2012 aux Editions d'autre part, Les Prochains, on quitte les lointains et tout autant les proches. Pour s'intéresser aux entre-deux, à ceux qu'on croise dans la vie et toujours impressionnent par une présence singulière, une action, une façon d'être. Aucun de ces Prochains ne fréquente le gotha mondain: ils viennent souvent de la marge, du côté des pauvres, des "loosers". A noter que ces portraits d'humains trop humains ne manquent ni d'humour ni de rire sur soi-même.
Sans oublier la surprise coutumière du comédien Vincent Aubert.
Entrée libre, apéro offert.
Restaurant La Mère Royaume, 4, Place Simon-Goulart. A deux pas du temple de Saint-Gervais.

15/05/2012

Spéculez, spéculez!

le train de sucre.jpg
Voilà bien une fable de circonstance ! Tandis que l’économie s’affole, tout le monde pense à son portemonnaie et à tirer son épingle du jeu. Tel est le cas des trois héros du Train de sucre. Ces trois amis se mettent en tête d’acheter un train chargé de sucre dans l’espoir de le revendre. Comment ne pas saisir, dans la fièvre qui s’empare de Balthasar, Désiré et Manuel, une métaphore de la spéculation actuelle désespérée qui sévit sur la bourse ou sur l’or ?
Dans leur immobilité passive, attendant que leur chargement fasse bonne route en provenance d’Amérique du Sud, les trois héros se racontent des histoires. Histoire de tuer le temps, de le conjurer à la manière de Shérazade. Histoires plus merveilleuses les unes que les autres, de petites gens qui parviennent à s’en sortir aidés par le merveilleux et la chance, qui provoquent un saisissant contraste en rêve et réalité.
Pendant ce temps, le train roule. « Le train de sucre continuait son chemin, prenant un peu plus de valeur à mesure qu’il laissait derrière lui les terres dévastées du sud. Désiré, Manuel et Balthasar observaient avec émerveillement la courbe croître, leurs économies décupler, leur projet prendre de l’ampleur. Cette courbe semblait ne jamais devoir s’arrêter, comme un train lancé à grande vitesse ».
D’une langue délicate au ton oriental maîtrisé, la jeune Marie-Jeanne Urech transporte son lecteur en un inéluctable rêve. Ce en quoi elle excelle, comme en témoigne la réédition en poche de Foisonnement dans l’air, dix petites histoires aux portes d’un monde exigu qui avait remporté un vif succès ; de même que son Amiral des eaux usées en 2008.
Serge Bimpage
Le Train de sucre, par Marie-Jeanne Urech. Editions de L’Aire, 127 pages.

Heidi, un mythe ressuscité

Quelle mouche a piqué Jean-Michel Wissmer, docteur ès lettres spécialiste de la littérature hispanique du XVIIème siècle, pour se pencher sur le mythe de Heidi ? Ce roman à l’eau de rose du XIXème recèlerait-il le moindre intérêt pour nous autres gens non moins inconsidérés que pressés?
Eh bien, oui ! Cette enquête captive le lecteur grâce à sa riche analyse et à sa rhétorique élégante.  Ce dernier découvre combien le roman de Heidi véhicule des thèses que revendiquent nos contemporains : le retour à la nature, l’authenticité, l’écologie en somme. Y fait écho le repli identitaire sur le paradis perdu de l’alpe de nos ancêtres.
Pour le coup, Jean-Michel Wissmer fait revivre un siècle qui se cherche en dépit des méfaits de la société – tout comme l’auteur du mythe, Johanna Spyri, tombée dans l’oubli en dépit de son best-seller et de sa cinquantaine d’ouvrages.
Serge Bimpage
Heidi, enquête sur un mythe suisse qui a conquis le monde, par Jean-Michel Wissmer. Editions Metropolis, 220 pages.

22/03/2012

Henry Dunant en Poche!

Dunant Poche.png
"Moi, Henry Dunant, j'ai rêvé le monde" paraît en livre de poche aux éditions L'Age d'Homme. Publié à l'origine chez Albin Michel, ce livre a reçu le Prix 2003 de la Société littéraire de Genève. Il s'agit de la biographie romancée la plus complète consacrée au fondateur de la Croix-Rouge parue en langue française. Six ans de recherches ont été nécessaires. A l’occasion de cette sortie, un apéro-lecture-discussion aura lieu avec votre serviteur jeudi 29 mars à 18h, à la librairie du Rameau d'Or. L’ouvrage est en vente dans toutes les (bonnes) librairies.

04/03/2012

Anne Cuneo à la Compagnie des Mots

Cuneo_2011_vignette.jpgSoirée du lundi 5 mars
A 18h30 au restaurant La Mère Royaume, je reçois Anne Cuneo. On ne présente pas cette remarquable auteure de romans historiques, l’une des plus connues de Suisse romande, internationalement reconnue. Rappelons que Anne Cuneo a consacré trois livres à la période élisabéthaine : Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur et récemment Un monde de mots. Dans Un monde de mots, elle fait parler John Florio, comme elle Italien d’origine. Elevé en Suisse, il s’était établi en Angleterre. Professeur d’italien, il a côtoyé les grands du monde de son époque, séduits par son intelligence, sa culture, sa mémoire et son amour des mots. John Florio a écrit en italien des dialogues, des proverbes à des fins pédagogiques. Il a été le premier à établir un dictionnaire italien-anglais. Florio a encore été un grand traducteur. Le premier a avoir traduit Les Essais de Montaigne et le Décaméron de Boccace. Il se peut même qu’il ait participé à la première édition des pièces de Shakespeare.
Venez rencontrer cette écrivaine aussi prolixe que pétillante.
Sans oublier la surprise coutumière du comédien Vincent Aubert.
Entrée libre, pas de réservation. Bar, possibilité de se restaurer après.
Restaurant La Mère Royaume, 4, Place Simon-Goulart. A deux pas du temple de Saint-Gervais.

03/02/2012

Genève vaut bien un polar

Corinne Jaquet.jpgLes écrivains de romans policiers se font plutôt rares en Suisse romande. Raison de plus pour leur prêter attention. La Genevoise Corinne Jaquet fait figure d’exception, et de taille. Au fils de sa dizaine de polars, elle a acquis une rare maîtrise en la matière. Depuis quelques années, elle nous gratifie d’une belle trouvaille : à chaque parution, l’action se déroule dans un quartier de Genève. De quoi allier savoureusement intrigue et histoire locale.
Zoom sur Plainpalais est un pavé de 309 pages qu’on ne lâche plus dès les premières pages. Un célèbre animateur de la Télévision romande est assassiné dans des circonstances mystérieuses tandis qu’il fête des cinquantièmes rugissants. De quoi donner du fil à retordre au fraîchement nommé et jeune commissaire Mallaury. Et ce d’autant plus, pour notre grand plaisir, que l’intrigue se complique simultanément d’une seconde énigme, non sans rapport avec la première.
On aime beaucoup de choses, dans ce livre. Le scénario est d’abord ficelé de manière archi professionnelle, normal puisque Corinne Jaquet a tenu des années la rubrique judiciaire du défunt journal La Suisse. Quel plaisir, ensuite, de retrouver ces lieux quotidiennement fréquentés que sont la Plaine de Plainpalais, son marché aux puces et les environs de la Tour, sa population gouailleuse et ses bistrots vivants. Le cinéma suisse y est né, l’ancienne journaliste promène son lecteur dans l’historique des salles obscures.
En même temps que Mallaury apprend à apprivoiser ses troupes (parmi lesquelles une jeune policière qui surprend par ses audaces et ses intuitions), le lecteur participe de plein pied à l’enquête. Le tour de force de l’auteure, au moment où ce dernier perd pied, consiste à résumer habilement la situation au rythme des conférences de police. On fait le point. On croit avoir presque tout compris. En route pour de nouvelles fausses pistes.
Cinématographique, riche en dialogues qui sonnent parfaitement juste, l’écriture de Corinne Jaquet convainc. Se paye le luxe de « genevoisismes » qui font sourire et de trouvailles originales. « Il y a des morts comme ça, peu mobilisateurs. Mallaury aurait préféré un combat rédempteur pour une victime attachante, mais l’ironie du métier voulait qu’on ne choisisse pas ses cadavres. » L’auteure, devant les pires crapules misogynes, ne suggère pas le moindre jugement, hormis par le biais de ses personnages. Personnages eux-mêmes fort attachants, au sein d’une police un peu trop bon enfant en regard des conflits qui la traversent actuellement. Mais manifestement, le manuscrit, du moins son point de départ, date d’une dizaine d’années si l’on en croit les cassettes VHS utilisées pour l’enquête. 
Zoom sur Plainpalais frappe fort. Outre son ambiance de quartier que ne renierons pas les familiers de la Revue et du Cinébref, il ouvre une fenêtre féroce sur le côté obscur de nos vedettes de la télévision, leur narcissisme et leurs petits penchants pervers.

Serge Bimpage

Zoom sur Plainpalais, par Corinne Jaquet. 309, pages. Editions Luce Wilquin.

26/01/2012

Antonin Moeri à la Compagnie des Mots

tot4.jpgLundi 6 février à 18h30 au restaurant La Mère Royaume, je reçois Antonin Moeri à la Compagnie des Mots. L’écrivain genevois a étudié les lettres à l’Université de Genève puis a été comédien en France, en Belgique et en Suisse. Antonin Moeri a écrit des romans et des nouvelles, parus aux éditions L’Age d’Homme et Bernard Campiche, ainsi qu’une pièce de théâtre. Il écrit également pour diverses revues littéraires et un blog. Fin observateur de la vie quotidienne, son style trempé dans un humour délicatement vitriolé est unique. Venez le découvrir ! Sans oublier la surprise coutumière du comédien Vincent Aubert. Entrée libre, pas de réservation. Bar, possibilité de se restaurer après.
Restaurant La Mère Royaume, 4, Place Simon-Goulart. A deux pas du Temple de Saint-Gervais.