17/09/2012

Les remords de la mise

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Avec Le chemin sauvage, soufflle un vent nouveau sur la production suisse. On le doit à un auteur venu sur le tard, à la faconde, au style et à l’imaginaire bien trempés. Les éditions du Seuil ne s’y sont pas trompées, qui l’ont aussitôt publié.
C’est la saga d’un garçon de douze ans, dans un village helvète. Fils d’ouvriers, il fait montre d’une rare curiosité pour ce qui l’entoure. Il se lie d’amitié et tombe amoureux de la jolie Myriam, recueillie dans le proche orphelinat. Fréquente un certain Tonio ainsi que des Italiens installés dans le village pour construire un barrage.
Myriam est une « misée ». L’un de ces enfants adoptés pour être ensuite vendu comme garçon à tout faire ou servante à la ferme et sévèrement exploité. A vrai dire, Jean-François Haas voulait écrire l’enfant en lui qui racontait son histoire. Et c’est en replongeant dans son passé qu’il s’est souvenu de l’orphelinat tout proche, en même temps que d’un article choquant sur la mise et de camarades enlevés à leurs parents pour cause d’alcoolisme et de pauvreté.
Il n’en fallait pas plus pour que son projet prenne le contour d’une fiction sociale.  Historien de formation, l’auteur rappelle que la mise a existé jusque dans les années 30 et que des milliers d’enfants ont été enlevés à leurs parents par les autorités pour être placés dans des orphelinats ou des fermes, battus et parfois abusés.
Une fois ouvert, on ne lâche pas ce roman foisonnant, garni d’une imagination et de trouvailles littéraires remarquables. Ses deux précédents ouvrages Dans la gueule de la baleine guerre, Prix Dentan et J’ai avancé comme la nuit vient avaient été déjà remarqués.


 

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