11/06/2012

Rousseau, l'ami de tous

undefinedrousseau.jpgIl manquait un Rousseau pour les nuls, les jeunes ou les gens pressés Le voici. Président du Comité européen Jean-Jacques Rousseau, Rémy Hildebrand est un passionné depuis toujours du philosophe. Autant dire sa capacité à se mettre à la place de tous pour nous le faire aimer.
D’une plume simple et efficace, l’auteur retrace ainsi le chemin de Jean-Jacques et c’est déjà tout une histoire. Sauf que les va et vient constants entre ce parcours et l’œuvre de Rousseau s’éclairent l’un l’autre, ajoutant au plaisir de la lecture. En particulier, l’écrivain était un grand marcheur. «Il me paraissait beau de passer les monts à mon âge ; et de m’élever au-dessus de mes camarades de toute la hauteur des Alpes. Voir du pays est un appât auquel un Genevois ne résiste guère », écrivit-il. Ses pas le conduisirent entre autres de Genève à…Turin. Et cet amoureux de la nature d’affirmer « Si le bonheur est la seule chose qu’on cherche en ce monde, on peut peut-être se demander si un voyageur n’en reçoit pas plus que la plupart des autres. »
Auteur par ailleurs de Portraits et postures rousseauistes (Transversales 2008), Rémy Hildebrand dispose d’un fond iconographique dont il ne prive pas le lecteur. Emaillé de peintures, dessins et cartes postales très évocateurs, l’ouvrage se présente comme une longue rêverie de promeneur solitaire enchantant son lecteur.


[Signature] Serge Bimpage
[Renseignements] Il était une fois Jean-Jacques Rousseau, par Rémy Hildebrand. Editions l’Archipel. 134 pages.

08/06/2012

Heidi, le mythe ressuscité

Heidi.pngQuelle mouche a piqué Jean-Michel Wissmer, docteur ès lettres spécialiste de la littérature hispanique du XVIIème siècle, pour se pencher sur le mythe de Heidi ? Ce roman à l’eau de rose du XIXème recèlerait-il le moindre intérêt pour nous autres gens non moins inconsidérés que pressés?
Eh bien, oui ! Cette enquête captive le lecteur grâce à sa riche analyse et à sa rhétorique élégante.  Ce dernier découvre combien le roman de Heidi véhicule des thèses que revendiquent nos contemporains : le retour à la nature, l’authenticité, l’écologie en somme. Y fait écho le repli identitaire sur le paradis perdu de l’alpe de nos ancêtres.
Pour le coup, Jean-Michel Wissmer fait revivre un siècle qui se cherche en dépit des méfaits de la société – tout comme l’auteur du mythe, Johanna Spyri, tombée dans l’oubli en dépit de son best-seller et de sa cinquantaine d’ouvrages.

Heidi, enquête sur un mythe suisse qui a conquis le monde, par Jean-Michel Wissmer. Editions Metropolis, 220 pages.

06/06/2012

Pour l'amour du 12

IMG_0001.jpgHeureux qui comme Henri Roth aime le tram 12. Et fait le bonheur de son lecteur genevois en en reconstituant l’épopée ! Il était temps. Que de péripéties autour de ce noble transport, dont les rails se prolongeant dans tout le canton furent arrachés à l’heure des années de fascination de la voiture ; pour reconquérir enfin, ligne par ligne, sa noblesse sous la pression du peuple.
Avec la plume et le sens de l’enquête du journaliste qu’il fut, Henri Roth nous informe et nous fait rêver dans ce récit qui débute à la fin du XIXème siècle. Doté de surcroît d’une riche iconographie, l’ouvrage va ainsi bien plus loin qu’un document de commande historique : la plus ancienne ligne d’Europe est un fil rouge nous incitant à revivre les modes et les mœurs dont elle a été le témoin.
Une aventure qui avait pourtant démarré dans l’indifférence générale. Car elle fut celle d’entrepreneurs privés devant des pouvoirs publics réticents, une bonne dizaine dont plusieurs firent faillite. Prouesse technique et entrepreneuriale, la ligne 12 ne fascinera que les femmes et les poètes et c’est tant mieux. Trop lent, souvent bloqué et bondé, il est l’anti modernité par excellence. « Il est comme nous, le tram 12, bourré de contradictions. Il nous agace, nous déçoit, mais nous aide à vivre. C’est pour cela qu’on l’aime, avec ses défauts, comme un être chéri depuis longtemps. »
Son appellation est pour l’heure préservée, nous rassure l’auteur. En tout cas jusqu’à l’inauguration du CEVA en 2017. Même que son déploiement devrait se poursuivre en France…



Le tram 12 raconte Genève, 1862-2012. Par Henri Roth. Editions Slatkine. 180 pages.

01/06/2012

Pascal Rebetez à la Compagnie des Mots

Rebetez.jpgLundi 4 juin à 18h30, Serge Bimpage reçoit Pascal Rebetez à la Compagnie des Mots.
Pascal Rebetez est né dans le Jura en 1956. Il habite entre le Valais et Genève où il travaille pour la Télévision Suisse Romande depuis 1989 en tant que journaliste et présentateur. Il est aussi responsable depuis 1988 successivement de la Revue puis des Éditions d’autre part. En tant qu'écrivain (poésie, récits, théâtre), il a publié à ce jour dix-sept ouvrages.
Deux ouvrages sont récemment parus aux éditions de l'Hèbe (Le Voyage central, Je t'écris pour voir) qui flirtent avec les lointains du voyage pour accéder à l'intime, à ceux qui lui sont le plus proches: sa mère, sa fille, son père décédé, son petit-fils pas encore né. Ces « reportages littéraires entre la géographie humaine et les êtres du réconfort crée une tension qui engendre une atmosphère très particulière.
Dans son dernier ouvrage paru en 2012 aux Editions d'autre part, Les Prochains, on quitte les lointains et tout autant les proches. Pour s'intéresser aux entre-deux, à ceux qu'on croise dans la vie et toujours impressionnent par une présence singulière, une action, une façon d'être. Aucun de ces Prochains ne fréquente le gotha mondain: ils viennent souvent de la marge, du côté des pauvres, des "loosers". A noter que ces portraits d'humains trop humains ne manquent ni d'humour ni de rire sur soi-même.
Sans oublier la surprise coutumière du comédien Vincent Aubert.
Entrée libre, apéro offert.
Restaurant La Mère Royaume, 4, Place Simon-Goulart. A deux pas du temple de Saint-Gervais.