22/11/2011

De la littérature au blog et retour

Pierre Beguin a eu la bonne idée de réunir ses chroniques littéraires, parues sur le blog des écrivains genevois « Blogres » entre 2007 et 2010. Comme le souligne l’un de ces complices Alain Bagnoud, dans sa préface, les écrivains, avec les blogs, reviennent dans l’actualité. On les croyait inoffensifs, les voilà offensifs. Ils avaient laissé le champ libre aux notables littéraires français. Et voilà que les conditions ont changé grâce à internet. Pierre Beguin, Olivier Chiacchiari, Pascal Rebetez, Alain Bagnoud, bientôt rejoints par votre serviteur et Jean-Michel Olivier se sont hissés au rang des nouveaux mousquetaires du blog. Non sans scepticisme au départ. Allions-nous faire naufrage ? Eh bien non : « Nous y avons trouvé notre intérêt, s’enthousiasme Alain Bagnoud. Le blog permet en effet une liberté totale. Il n’y a aucune interdiction (…) La liberté jouissive s’y mêle à l’effervescence de la polémique et au plaisir du contact. C’est d’ailleurs l’intérêt de ce genre nouveau. »
Ainsi donc, Pierre Beguin gratifie ses lecteurs de son cheminement intérieur hebdomadaire durant quatre ans. Réagissant à l’actualité genevoise, helvétique ou internationale en de cours et denses billets, bien tournées, pétris de philosophie et d’humour. Comment ne pas les recommander.
C’est que la bonne idée de Pierre Beguin procède de l’ouverture. Totale. Sans filet. Elle ne va pas sans rappeler celle des journaux d’écrivains. Comme si l’on donnait à entendre comment l’écrivain pense à haute voix.
Bien joué pour une première salve, à l’heure où les médias ne s’intéressent pas plus aux écrivains qu’à leur cuisine. Reste à poursuivre. On aurait volontiers lu les commentaires de tous bords qui émaillent régulièrement les billets du blogueur. Et l’on aurait participé avec intérêt à un débat sur la nature et le destin des blogs. Dans quelle mesure, par exemple, l’écrivain blogueur n’est-il pas l’otage du journal l’hébergeant ? Ou bien, écrit-on des billets de blog comme de la littérature ou l’exercice, dans son éphémérité, ne procède-t-il pas plutôt du langage oral ? A suivre.

Bureau des assassinats, par Pierre Beguin. 236 pages, éditions de L’Aire.

 

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