12/03/2010

Le fils Gandur


gandur.jpgJe viens dire ici que le don de M. Gandur au Musée d’art et d’histoire est celui d’un homme remarquable. Comme le fut son père. Je l’ai bien connu, il était mon médecin de famille à Gryon, à la montagne. Tout le monde disait qu’il était « son » médecin. Il se déplaçait, comme on ne le fait plus de nos jours. Vous ouvriez la porte et c’est peu dire qu’à la seule rencontre de cet homme simple, aux yeux ardents et au cœur irradiant – il ressemblait singulièrement à Gandhi – vous étiez guéri. Il émanait de lui une rare sagesse, orientale, rayonnante. Etranger, il n’avait pas droit à l’installation. C’est pourquoi il pratiquait en montagne, son permis de pratiquer renouvelé de cinq ans en cinq ans. Infatigablement, par n’importe quel temps, il visitait ses patients jusqu’aux chalets les plus inaccessibles. Décédé voici quelques années, l’humble docteur Gandur était l’une des figures les plus maquantes de la région. Je suis certain que comme moi, toute personne qui passe devant son chalet vide où demeure sa plaque, a le cœur serré. On évoquait son fils qu’on ne connaissait pas. Il paraissait qu’il avait fait des études. Qu’il s’était lancé dans le pétrole. Qu’il avait réussi comme personne. Je viens dire ici que la réussite du « fils Gandur » fait honneur à son père : il ne la doit qu’à lui-même, à sa noble intelligence et à sa grandeur d’âme. Le don qu’il fait au Musée va bien au-delà de l’argent. Il signe le souci d’un homme cherchant, au cœur de la culture, à tisser un lien ferme et dépourvu de stratégie entre l’Orient et l’Occident. Il revêt un sens profond non seulement pour son donateur mais pour l’esprit même de Genève, ville de paix.

05/03/2010

Il est temps de ne pas prendre la mer

philoctète.jpg

Comment ne pas songer, avec Philoctète, que de plus en plus nombreux sont ceux, de nos jours, qui abandonnent celui d’entre eux qui se révèle pourtant détenir l’arc et les flèches pour conquérir Troie ?
Comment ne pas se dire que nous vivons une époque masochique. Obsédée par le toujours mieux, le toujours neuf. Au point, dans son affolante impatience, de sacrifier l’artisan de la réussite…
O, dieux, quelle faute faites-vous donc payer aux hommes du pire sentiment qui soit - l’insatisfaction de ce qu’on possède - pour qu’ils se montrent aussi aveugles? 
Se rendant compte de leur erreur, les Grecs tenteront d’approcher Philoctète pour s’emparer de son arc et de ses flèches. Trop tard. Sa sincérité, la force de son verbe auront raison de la ruse abjecte de Ulysse comme de Néoptolème. L’exil forcé l’a rendu à lui-même. Fût-ce pour conquérir Troie, Philoctète ne prendra pas la mer.
Admirable pièce, que celle du théâtre de Carouge. J’étais au troisième rang et au centre. Laurent Terzieff me regardait : « Je suis faible sans rien et j’ai faim. Qui que vous soyez parlez moi. Que j’entende enfin une langue humaine. »
   

 

Venez écrire avec nous!

alliance française.jpg

Quoi de mieux, pour fêter la 12ème année de la semaine internationale de la francophonie, que s’essayer à écrire ? Samedi 20 mars, la dynamique fondatrice de l’Alliance française de Genève convie tout un chacun à se lancer à l’eau. A partir de l’un des trois thèmes proposés le jour même, les écrivains en herbe disposeront de trois heures pour se mouiller. A vrai dire, il ne s’agit point de se prendre pour un écrivain. L’idée est de réaliser combien les sentiments comme les pensées, couchés sur le papier, prennent un relief autrement denses et surprenants que s’ils demeurent suspendus dans l’insoutenable légèreté de l’oral. Et de communier, dans ce beau moment de solitude partagée, à l’introspection dont les temps tentent cyniquement de nous distraire. Il y aura trois catégories : 14 à 19 ans, 20 à 25 ans et dès 26 ans. Et des prix : la somme de 900 frs répartie entre les œuvres primées ainsi qu’une journée en atelier d’écriture é quivalent à la somme de 600 frs.
Concours « écrivain d’un jour ». Samedi 20 mars, de 15h à 18h. Uni Mail, 102 bd Carl-Vogt. Ouvert à tous, sans frais, inscription sur place à 14h.