05/02/2009

Bluffant au sens propre, Sarkozy!

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Certes, Sarkozy avait soigneusement préparé son show, pour son discours sur TF1. Et il n’avait hélas aucun journaliste en face de lui pour opposer une quelconque résistante à son irrésistible rhétorique. Mais force était de constater que sa maîtrise des dossiers et son volontarisme face à la crise témoignaient d’un pragmatisme dépassant de loin les idéologies.
Et l’on a beau préférer l’acuité franche d’un « Marianne » aux rumeurs manœuvrières d’un « Nouvel Obs » (erreur du fameux sms de Sarko, allusions imprécises sur les activités de Kouchner), le journaliste du premier était plutôt embarrassé, juste après l’émission sur A2, pour trouver des poux dans la tête du président.
Le seul exemple du trois fois 33,3% (respectivement pour les travailleurs, les actionnaires et les réinvestissements) souhaités et bientôt exigés par Sarkozy en vue d’une meilleure distribution des dividendes le démontre : il est capable de penser comme la gauche. Celui de plaider et de favoriser la délocalisation pour garder les usines en France ou d’exiger des banques qu’elles renoncent à leur bonus : qu’il est capable de résister au patronat.
Bluffante, c’est le moins qu’on puisse à dire de sa prestation ! Gageons que ça n’est pas du bluff. Non seulement, manches quasi retroussées, il dégageait l’impression d’un homme sensible au destin douloureux des citoyens et d’un président capable de prendre ses responsabilités pour exiger de même de ses concitoyens ; mais aussi bien, ayant ramené la durée de présidence à deux ans pour rompre avec le syndrome royal et donner du sang neuf, il convainc ici encore par le pragmatisme. Réussira-t-il ? C’est une autre affaire, surtout sur le terrain européen. Au minimum et c’est déjà pas mal pour un politicien, il a fait la démonstration que le temps n’est plus aux grands débats d’idées.

Serge Bimpage


Commentaires

Le président Sarkozy redevient le candidat Sarkozy le temps d'une émission de TV.
Il a annoncé peur de choses concrètes, beaucoup de bonnes intentions, beaucoup de "on va faire", "il faut maintenant décider", "Je vais exiger des autres pays de l'Europe", "j'ai imposé au USA la tenue d'une conférence" etc..La conférence a eu lieu. Rien n'en est sorti. Grande gueule quoi!

Écrit par : salegueule | 05/02/2009

Dans mon commentaire précédent veuillez svp lire . "annoncé peu" au lieu de peur
Merci

Écrit par : salegueule | 05/02/2009

Bluffant, oui, Serge, et au sens propre. Qui consiste donc "à faire illusion". Toujours les mêmes méthodes, le même volontarisme du corps et de la parole quand tout s'effondre autour. On oubliera les mensonges sur les intérêts des prêts au banque (cet argent n'étant pas dans les caisses de l'Etat, il faut donc l'emprunter et pas gratuitement) et on s'interroge sur la manière de compenser la suppression de la taxe professionnelle. Une bonne nouvelle sur les collectivités locales qui vont devoir se rattraper en augmentant les impôts locaux. Bref, "je donne un peu ici et je reprends beaucoup plus là". Là, c'est à dire dans les poches des foyers les plus modestes.
Un homme "sensible au destin douloureux des citoyens"? Où est passé ta lucidité, Serge? Replonge toi dans le bouquin de Reza: malgré sa fascination pour l'homme, l'auteur ne peut cacher le mépris qu'il éprouve tant pour ses proches que pour les citoyens. Il y a encore cette chute d'un film de Karl Zéro, où, croyant les caméras éteintes, il confie travailler avec des "cons". Et mille et mille exemples qui pourraient témoigner de son manque d'empathie. Mais qu'attendre d'un individu qui pense qu'on est génétiquement programmé pour être un assassin?
Comme Ségolène (moins talentueuse), Nicolas Sarkozy est un enfant de l'ère de la com'. La manière d'asséner le message compte plus que le fond du message. On pourrait citer l'usine de Madrange comme exemple: le chef de l'Etat était venu promettre aux ouvriers - devant les caméras - qu'on ne fermerait pas leur usine, qu'il y veillerait personnellement, qu'il reviendrait porter la bonne nouvelle. Un an plus tard, l'usine est fermée, les ouvriers au chômage et ils n'ont pas revu Sarkozy. Qu'importe: ce qui reste dans la mémoire collective, ce sont les images d'un président volontariste.
Maintenant, il se peut que je n'ai rien compris et que ton papier relève du second degré. Auquel cas, bienvenu dans le camp des "Fatals Flatteurs"...

Écrit par : Lionel Chiuch | 06/02/2009

Petite précision: il s'agit de Gandrange et pas de Madrange. Et Nicolas Sarkozy a effectivement promis qu'il reviendrait sur le site. Donc, pas de procès d'intention, même si "les promesses n'engagent que ceux qui les croient".

Écrit par : Lionel Chiuch | 06/02/2009

Joli coup, Lionel: totalement d'accord..
Et pour la "règle des 3 tiers": quelle poudre aux yeux ! Comme s'il existait une formule magique en la matière, et qu'en donnant encore plus aux actionnaires, tous les problèmes s'en iraient. Du grand n'importe quoi, ce discours.

Écrit par : Fufus | 08/02/2009

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