02/02/2009

Bilatérales : des relents amers…

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La votation sur les bilatérales, qui consiste à reconduire l’accord de libre circulation entre la Suisse et la Communauté européenne et à étendre les accords à la Bulgarie et à la Roumanie, provoque des relents d’amers.
D’abord, elle soulève à nouveau la question des Roms. Ils sont 800'000 en Bulgarie et deux millions en Roumanie à vivre dans des conditions de pauvreté extrême. Ils vivent dans des masures de torchis et de planches, sans eau ni électricité. La guerre (où la moitié d’entre eux a été exterminée), puis la guerre froide, les nationalismes et l’économie de marché les ont poussés dans les ghettos. Pourtant, ils ne revendiquent rien. Aucun territoire, aucune souveraineté. Juste la reconnaissance de leur existence et des droits qui la garantissent.
Ensuite, cette votation vient nous rappeler combien la politique migratoire de notre pays est schizophrène : d’un côté, on ouvre résolument les frontières tandis que de l’autre, en matière de politique d’asile notamment… on les referme ! Pendant ce temps, Eveline Widmer-Schlumpf vient cyniquement de lancer une vaste consultation dans le pays pour répondre aux défis posés par l’intégration.
Enfin, la perspective des urnes désigne notre ignorance et notre déni. S’impose trop souvent la part d’ombre qui recouvre notre imaginaire et le conduit à la peur. Faute de savoir, on fantasme le pire. Du coup, on passe à côté non seulement du terrible destin de l’autre, l’étranger, mais de l’enrichissement qu’il peut nous apporter. Même le Conseil fédéral s’y laisse prendre, axant sa position favorable sur les avantages rigoureusement économiques à voter oui.
Puisse le résultat des urnes nous aider à digérer ce qui passe mal, faute de bonne mastication. Et nous rappeler que l’histoire de l’homme, depuis ses origines, a été bien plus souvent nomade que sédentaire.


 

Serge Bimpage

 

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