16/01/2009

Les clowns sont des anges!

souffle d'anges.jpgEn ces temps moroses où même la culture semble l’être, « Souffle d’anges » est un ballon d’oxygène ! Quatre clowns, mis en scène par Vincent Aubert qui en fut un autre, de talent, occupent la scène du théâtre de la Parfumerie jusqu’au 24 janvier. Il faut s’y précipiter, ça vaut toutes les montées au Salève pour trouver le soleil.
Si un clown meurt, où va donc le rire ? Et l’au-delà, se pourrait-il qu’il soit drôle ? Réponses dans « Souffle d’anges » qui met aux prises quatre clowns qui ont construit leur spectacle de A à Z. A dire franchement, les clowneries n’ont jamais été ma tasse de thé. Mais là, je suis resté soufflé ! De même que le comédien s’engage dans une profession tandis que l’acteur se lance dans une aventure, ces quatre-là, pas de doute, y ont mis toutes leurs tripes.
Pour tout scénario, le déroulement des associations libres flirtent un temps avec les vicissitudes humaines, les petites lâchetés, prouesses, séductions, rivalités qui, ma foi, perdurent, même au paradis ; on y assiste comme de haut puis, insensiblement, par le truchement d’une femme énigmatique (un ange ?), voilà que leur nouvelle réalité, leur perte d’identité et leur confrontation à l’autre les soulève, les transcende au profit d’une humanité ici-bas dévoyée.
De gags en en situations coquasses, à force d’élévation d’esprit, c’est la poésie qui ressort gagnante de cette suite de facéties enchaînées comme autant de prophéties. Et le spectateur. Oui, il se pourrait bien, se dit-on au final, à force de cheminement avec ces clowns qui nous ressemblent singulièrement, de partage avec eux d’émotions allant du rire aux larmes, que l’homme puisse devenir un jour ce qu’il a toujours rêvé d’être : vrai…
Je ne résiste pas à révéler les noms de ceux qui se cachent derrière les gros nez rouges : Pierre Cohannier, Catherine Spozio (à qui on doit la création musicale aussi inventive que rythmée), Jacy Gremaud et Véronique Calpini qui officient sous l’appellation incontrôlée de Cie Service compris. Hormis leur professionnalisme, une année de conception et répétition président à ce spectacle unique. On n’a pas fini d’entendre parler d’eux.  

18:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

voilà qui fait plaisir à lire.
Oui j'en suis le metteur en scène de ce spectacle et ai participé à l'élaboration du scénario.
Entendre rire un être humain, c'est le plus grand des bonheurs.
Faire rire des être humains, devient paradisiaque. Surtout quand on sait la somme de travail et d'entêtement qu'il y a derrière. Alors, quand malgré toutes les défenses, un spectateur ne résiste pas à lui-même, et s'effondre devant la réalité qu'il n'imaginait pas, on se dit, en tant que clown, que la scène est un vertige de plaisir.

Écrit par : aubert | 18/01/2009

Merci d'en avoir parlé - on ne peut pas dire que les préposés aux choses culturelles de la presse qui se veut sérieuse se soient bousculés pour le faire - sans votre billet je les aurais manqués et le manque eût été de taille.

Écrit par : Azrael | 03/02/2009

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