13/04/2008

Bravo à André Hurst et à la Comédie!

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous : mais pour ce qui me concerne, la semaine dernière a été ponctuée de deux événements comme je n’en avais pas vécus depuis longtemps ! D’abord, la lecture en continu de l’Iliade, organisée depuis une dizaine d’années par le professeur André Hurst. A doses continuelles et homéopathiques, les gens se succédèrent pour lire leur partie de ce texte fondateur – des connus, des moins connus, des inconnus ; des amis pas revus depuis longtemps, des moins amis, des collègues disparus -, tous humblement démocratiques, soulevés par le souffle poétique de l’épopée dont nous sommes issus, souriants, heureux, reconnaissants de ce rassemblement d’individualités susceptible, par la magie du verbe, de soulever des montagnes. La rumeur colporte qu’André Hurst a orchestré là son ultime hommage à d’Homère. Unissons-nous pour ne pas le laisser faire !
Le second événement fut la pièce « Doux oiseau de jeunesse », à la Comédie. Rarement l’on n’avait vu spectacle aussi total sur la scène genevoise, depuis Besson probablement. Servie par le metteur en scène Andrea Novicov et défendue par une Yvette Théraulaz sublime (de même que Frank Semelet), la pièce de Tennessee Williams explose d’inventivité scénographique, dramaturgique, vidéographique : décors amovibles en plans successifs et projections de films superposés s’allient insensiblement dans un éblouissement frisant la débauche pour faire vivre au spectateur, de l’intérieur, la désespérante et fascinante descente aux enfers d’une star sur le retour. Du grand art, dû à une équipe remarquable que la longueur autorisée de ce blog ne nous autorise pas, hélas, à saluer tous les protagonistes.    

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