31/03/2008

"Ville de Genève": mauvais carnet!

Retour de Paris. Plus précisément, du Musée des arts premiers, au quai Branly. Après l’architecture d’une enthousiasmante audace due à Jean Nouvel, l’enchantement ne fait qu’amplifier au fur et à mesure de la visite. Au travers d’un parcours parmi les arts primitifs des continents, ponctué d’une très inventive interactivité muséographique et de démonstrations sous forme de contes pour les enfants, on ne songe déjà qu’à revenir. Et voilà soudain que surgissent les fantômes de Genève : fort nombreuses sont les pièces qui proviennent de la collection… Barbier-Muller ! La nostalgie vous prend à la gorge. Comment ne pas déplorer une fois encore l’incapacité de la « Ville de Genève » à ériger un musée d’ethnographie ? Au vu de la richesse de « nos » collections, nous avions tout pour le faire. Monsieur Barbier-Muller avait de surcroît offert jadis ses services et ses trésors dans ce but. Or, la Ville, en sa légendaire pusillanimité, s’est montrée incapable de valoriser notre patrimoine, ni de convaincre de ce beau projet pour Genève. Désormais, Barbier-Muller se déploie donc à Barcelone et à Paris, où le succès ethnographique enrichit ces capitales à tous points de vue. Pendant ce temps, les contribuables trinquent. Pour alimenter une commune et un Département des affaires culturelles qui se prennent pour un royaume. Et dont on se demande chaque année davantage la légitimité.

00:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Là je dois dire que vous avez raison, sauf peut-être sur le bâtiment de Nouvel qui par exemple, ne prévoit aucun abri pour les personnes qui font la queue plus d'une heure avant d'entrer lorsqu'il pleut... Encore une fois, une architecture de concept plutôt que de conception.
Ce qui est dommage, c'est que Genève a été victime comme d'habitude d'un sectarisme de gauche assez provincial qui lui fait se soumettre aux modes de la muséographie pour bobos et à celles-là uniquement.
Il aurait fallu réconcilier les tenants de l'ethno pure et dure - assez absents de Paris - avec les amoureux des beaux objets, qui eux y sont surreprésentés, à deux doigts de l'overdose.
Ces derniers avaient malheureusement été exclus du projet genevois, ce qui était, vous avez raison, d'une grande stupidité.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/03/2008

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